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Autrefois
uni au Pakistan, le pays des Purs, le
Bangladesh est aujourd’hui un pays stigmatisé
à bien des égards. Pays de la
pauvreté, des inondations, de la surpopulation…
Il peut se targuer d’avoir
donné lieu au concept de «
réfugié climatique »… Et
c’est justement dans le
monde des réfugiés au Bangladesh que je vais vous
inviter à découvrir
ultérieurement.
Mais pour
l’heure, attardons nous quelque peu a
l’apprivoisement de ce pays dont les rares
clichés, peu flatteurs, qui
parviennent en Occident, ne dépeignent qu’une
ingrate réalité.
Pourtant
le Bangladesh est une patrie féconde en
personnalités
marquantes. Terre d’épanouissement de
génies, ce Pays est celui de l’écrivain
poète Rabindranath Tagore, et plus récemment du
Prix Nobel d’économie, Muhammad
Yunus ( inventeur de la Grammin Bank, instigatrice du micro
crédit, permettant
aux plus démunis de faire vivre leur rêve
entrepreunarial…).
Pays
né de la violence. L’accession du Bangladesh
à
l’indépendance est une histoire
mouvementée, scandée de luttes fratricides,
entraînées par détermination
farouche et par la conviction inébranlable en
une appartenance commune. Ces évènements sont
encore très frais dans la mémoire
populaire et il convient pour la fierté nationale de
rappeler que ce petit
pays, habité de quelques 150 millions
d’âmes, est un des rares à avoir
combattu
pour sa faire vivre sa langue.
Une
langue peu reconnue mais parlée quelques 250 millions
de personnes à travers le monde, ce qui la place au
quatrième rang des
langues
les plus parlées du monde. Une langue où les mots
« pluie » et « crevettes » se
ressemblent à s’y méprendre (enfin pour
un étranger en tout cas ! ;-))… et
c’est bien normal dans un pays où ils sont en
abondance et rythment l’existence
de centaines de milliers de personnes, tour à tour moyens de
subsistance et
causes de leur perte.
Nature
salvatrice, nature dévastatrice.
Imaginez
de terres entrecoupées de larges rivières, de
plus de 5KM de long, coulant lascivement en provenance du mythique
Plateau
Tibétain, par delà le majestueux massif himalayen.
Imaginez
une mangrove à perte de vue, des centaines de
kilomètres carrés…vous êtes
dans le Sud- Ouest du Pays, tout proche de la
frontière avec le Bengale indien, a deux pas de Calcutta..
Imaginez
de luxuriantes plantations de thé,
s’étendant a
perte de vue, c’est le nord-est, le terre ancestrale des
populations tribales.
Une
nature magnifique mais cruelle qui rythme la vie des
habitants de ces contrées depuis des millénaires
Aujourd’hui, la cause des
catastrophes dites « naturelles » n’est
plus seulement Mère Nature. C’est
désormais l’homme qui est en position de
prédateur, muni de son inébranlable
foi dans le progrès et la croissance économique.
La mondialisation n’a pas
épargné ce petit bout de terre et d’eau
: L’élevage extensif des crevettes –
une des principale ressources dans de nombreuses régions
côtières - entraîne la
salinisation des terres, le recul de la mangrove, sans parler des
conditions de
travail inhumaines dans lesquelles adultes et enfants travaillent 12
heures par
jour, pour des grandes firmes qui exportent ces richesses nationales
pour une
poignée de pain. Qui souhaiterait les commercialiser ici ? A
10 € le kilo, les
crevettes roses sont tout bonnement inabordable dans un pays ou plus
du tiers de la population vit en dessous du seuil de
l’extrême
pauvreté, avec moins de 1$ par jour.
Je
vous invite à en découvrir un peu plus sur ce
pays, si
méconnu. Car, si la réalité
économique du Bangladesh est sombre, nous allons
nous laisser éblouir par certains aspects de son inestimable
richesse
culturelle et naturelle dans les semaines et mois à venir !
Puja
14 juillet 2007
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